effet boomerang, langue des oiseaux, et accords Toltèques

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effet boomerang, langue des oiseaux, et accords Toltèques Empty effet boomerang, langue des oiseaux, et accords Toltèques

Message par ou-est-la-question Mer 20 Jan 2016 - 15:25

je viens de "participer"  à un conflit , conflit qui m'a laissée songeuse et m'a poussée à chercher des réponses à mes questions

j'utilise le terme "participer" puisque que j'ai été source et objet du conflit tout à la fois

je ne me pose pas en tant que victime , ni en tant qu'accusatrice car ma quête est de comprendre ce qui s'est passé

je vais vous faire part de mes réflexions sur ce conflit

soit elles serviront à certains
soit elles sont écrites et posées là juste pour l'envie de les partager


en 1) l'effet boomerang et la langue des oiseaux

au prime abord, juste après le conflit , je me suis dit que le facteur déclenchant du conflit devait se trouver dans mes écrits de départ
je l'ai pensé sans me culpabiliser pour autant
mais je ressentais que j'avais du écrire quelque chose d'apparemment insignifiant mais qui en fait aurait du me mettre la puce à l'oreille

et juste après m'être dit cela , j'ai pensé au terme "effet boomerang" que j'avais utilisé

j'avais en effet écrit moi-même ce terme ,au début de mes interventions ,en disant que ce qui était écrit , me faisait un "effet boomerang" (les sujets  en eux-mêmes étant  anodins)

j'avais précisé que c'était plus qu'un simple effet écho
en gros cela me faisait prendre conscience que certains sujets , je les avais enfouis dans mon puits de l'oubli
sans doute par incapacité , flemme, etc ...de poser ma réflexion dessus

a posteriori je n'ai pu que constater que cet effet "boomerang" avait fait un sacré " boum dans le rang" puisque cela a crée le foutoir sur le fil


après le conflit , une fois mon émotion atténuée, (ce qui a été étonnamment rapide)  je me suis dit que je n'avais pas saisi que j'étais en plein dans la langue des oiseaux et que je n'avais pas décodé ce langage

j'avais laissé de coté cette langue des oiseaux ,or il y a quelques jours lorsque je l'avais découverte sur youtube ,cela m'avait fascinée en me disant que je m'y intéresserais plus tard

une des façons d'étudier la langue des oiseaux est de décomposer les mots en syllabes et d'entendre ce que « disent »  les phonèmes afin de comprendre au mieux le sens des mots

boomerang ça donne bien : boum  rang , j'aurais donc du être plus attentive à ce que j'avais immédiatement éprouvé - car cela équivalait bien à un boum dans le fil , avec réactions qui se sont enchaînées

car dans ma pensée en images (je pense en images + des associations d'idées)  ,en lisant certains écrits, j'avais vu un boomerang , et je prenais l'impact au moment où il tourne  .pas fort l'impact

après , une fois que le boum a  bien pété , c'est devenu plus clair en moi ,car ce n'était pas moi qui avait lancé le boomerang , donc la personne qui l'avait lancé se l'était repris en pleine face
moi en fait je n'avais reçu que l'impact de l'engin quand il change de direction (léger l"impact )

(tout ceci est dit sans accusation , c'est juste un constat)

comme le lanceur se l'est repris en pleine face , sans comprendre , ni moi non plus , le mécanisme qui s'était opéré , le lanceur a cru que je l'agressais verbalement

enfin bref cela a crée ce genre de conflit qui tourne en rond et auquel plus personne ne comprend rien
c'est à dire l'habituel conflit pour... rien  !

je ne cherche pas à savoir si c'est l'inconscient de l'un qui s'est mis en conflit avec l'inconscient de l'autre , car cela prendrait un temps fou en psychanalyse pour tenter de piger tout cela ,sans avoir  au final  de solutions , pour éviter que se reproduise ce genre de situation

sans compter que nous avons tous nos casseroles


bien sur il faut que je travaille aussi sur moi pour me barrer au plus vite d'un « lieu de litiges »
c'est le B.A  BA de l’apprentissage pour se sauvegarder soi-même
et là j'ai du boulot


en 2) le bouc émissaire

je me suis dit que j'avais été un bouc émissaire (cette idée m'a traversé l'esprit au même moment que celle de « l'effet boomerang »)

disons que  dans toutes les sociétés ,jusqu'à la naissance de Jésus ,le bouc émissaire était lapidé parce qu'il avait commis un acte coupable et que le fait de le tuer , dans les croyances , nettoyait toutes les mauvaises actions des gens qui composaient cette société et cela ramenait en effet la paix

depuis la crucifixion de J.C, tout a basculé , le bouc émissaire , celui que l'on "tue" , pour apaiser les tourments et ramener la paix dans un groupe , est toujours innocent
mais il est « tué » quand même
on lui fait porter les « mauvaises » actions des membres du groupe , même s'il n'en a commis aucune

c'est tellement plus pratique

mais à mon sens une paix dans un groupe qui repose sur de telles bases n'est pas durable et il faudra  au groupe d'autres bouc-émissaires pour que le groupe (sur)vive en paix

bien sur je ne l'ai pas réalisé sur le moment , parce que j'étais remplie d'émotions  (dû à l'impact léger du boomerang)

il me faudrait donc écrire à froid  , sur un traitement de texte , puis me relire
avant de poster
euh ça : non je n'ai pas envie de le faire du tout

j'étais donc , sans le réaliser en plein dans la « théorie du bouc émissaire »  de René Girard !

(de plus , je venais de découvrir René Girard car un ami venait de faire une conférence sur lui il y a 10 jours
et sur le fil , il avait été abordé la notion de désir ,or comme j'avais beaucoup apprécié "la triangulaire du désir" de René Girard présenté par cet ami ,  j'avais fait une réponse en faveur de cette théorie )



en somme (selon Girard) aujourd'hui , je suis sacralisée en tant que bouc émissaire, car j'ai maintenant un « pouvoir » :
car si je retourne sur le fil cela va re-déclencher un sacré boum et si j'en repars c'est à nouveau la paix

j'ai le pouvoir de déclencher soit la guerre soit la paix , ouahh faut pas que je me grise:-))

trêve de plaisanterie

bouc émissaire me fait penser à quoi ?
Déjà bouc émissaire cela me fait penser à  l'expression « il a bon dos »
je porte tout sur mon dos , cela est vrai et j'ai réalisé , comme je l'ai dit dans  le paragraphe précédent qu'il faut que je me protège d'avantage , c'est à dire qu'il me faut penser à moi en premier et non aux autres
(comment ? je n'ai pas trouvé la clef)

j'ai réalisé cela cet été mais je n'ai guère avancé dans cette voie

bouc émissaire avec la langue des oiseaux m'évoque bouqu(in)  hémi air = mots demi air = les mots perdent la moitié de leurs sens quand ils partent dans les airs = quand ils sont écrits ou prononcés par le bouc émissaire

donc mes mots sont devenus incompréhensibles , voire même ils ont été interprétés à l'opposé de ce que je voulais signifier



--en 3) les 4 accords de Toltèques

enfin je me suis dit que ce conflit m'avait émotionnée ,bien sur , mais pas ébranlée
en gros cela m'a secouée mais pas déstabilisée  
ce qui m'a surprise

émotive comme je suis , j'aurais du mettre des jours à m'en remettre après m'être emmêlée les pinceaux dans des « je n'aurais pas du écrire ceci , j'aurais du me taire sur tel sujet , j'aurais du être plus vigilante en voyant la tension monter par tout un tas de remarques lourdes de sous-entendus que j'avais reçu etc etc »

bref j'aurais pu tourner en rond pendant longtemps dans une geignasserie à n'en plus finir dans le genre « t'aurais du , t'aurais du …. » mais de toutes façons comme l'action était passée et bien cela n'aurait pas fait avancer le schmilblick de me mettre dans cet état

donc en effet je n'ai pas eu cette réaction  

alors à ce moment là de ma réflexion , j'ai découvert la radio « Onde de Choc » avec sa première émission à propos du livre
« les 4 accords Toltèques » de Don Ramon Luis


et j'ai découvert que ce que je ressentais  en post conflit , cette forme de détachement c'était parce que j'étais dans le 2ème accord de Toltèque (youpeee)

« ne pas prendre pour soi « ,

j'avais donc, sans le savoir, pris sur moi , car  à aucun moment je n'ai remis en cause ce que je suis ,  mes valeurs etc ….

ce qui m'a permis sans doute de retomber sur mes pattes à moi,  une fois mise hors du conflit

et comme je n'ai jamais donné mon accord à ce qui a été écrit , cela a surement augmenté l'estime de moi

par contre je' n'aurais pas du être dans la réaction face à ces actions-là , mais dans la présence
je vais y travailler , je ne suis pas loin



en conclusion après avoir passé quelques heures sur la toile suite à tout ceci
je me trouve enrichie car j'ai avancé à grands pas sur mon petit bonhomme de chemin , à très grands pas même


--j'apprends depuis 3 jours la langue des oiseaux , j'ai découvert Patrick Burensteinas  dont j'ai regardé bon nombre de vidéos
non seulement j'apprends à « penser  autrement " , mais j'apprends dans la joie , car cette langue des oiseaux est très joyeuse
or ma nature est à la base joyeuse
« penser autrement » car ,avec ce langage ,je distingue plus aisément le signifiant du signifié
je peux donc mieux interpréter les mots que je mets sur ce que je ressens

et cela aura aussi je le pense , des impacts sur les mots qui déclenchent ma créativité
je peins très souvent parce que je me suis levée un matin avec un mot ou groupe de mots qui m'ont traversé l'esprit , sans en général en comprendre le sens , je mets cela de coté , et puis plus tard (ce peut-être des mois) un autre mot-groupe-de-mots arrivent dans ma tête de la même façon , et  là , tout devient clair pour moi , tout se met en place sur ce que je vais peindre : les tableaux se peignent tout seuls dans ma tête


--j'ai commandé les 4 accords Toltèques que je vais recevoir
je ne vais pas forcément adhérer à fond à tout ce qui y est écrit , en tout cas je vais prendre ce qui me convient et laisser ce qui me convient moins

les 4 accords  Toltèques sont

 ----que votre parole soit impeccable (ne dire que ce que l'on pense) ça , pas de problème car je suis d'une franchise disons très dérangeante , et même si la « pensée ambiante » est à l'opposé je ne vais pas m'y soumettre pour autant

-----n'en faites jamais une affaire personnelle : là j'ai à taffer un peu car je suis très émotionnelle , ce qui me pousse à être dans la réaction plus que dans la « présence à moi »
(= cela me balance en plein dans une discussion au lieu de prendre du recul)
mais je ne vais pas m'endurcir pour autant en mettant de coté mes émotions car mon ressenti me permet d'être très créatrice
j'ai une hyper émotivité sans que ce ne soit de la sensiblerie
je vais donc travailler pour être plus dans la « présence à moi »

or cette « présence à moi »  c'est faire plus attention à moi
j'ai réalisé qu'il fallait que j'agisse ainsi ,cet été,  en faisant attention à moi, cela mais sans savoir comment faire
car jusqu'à cet été , le cheminement de ma vie pour m'améliorer , c'était dans un seul but : que l'autre aille mieux
je cogitais et sur moi-même et sur divers sujets qui embourbaient les gens , non seulement pour améliorer ma relation avec l'autre , mais surtout pour trouver des solutions afin que l'autre aille mieux
et ça a plutôt bien marché

mais moi là dedans ?
Cet été j'ai réalisé que je m'étais oubliée
tous les trucs du genre «  il faut s'aimer » etc. etc etc ne me faisaient aucun écho
est ce que je m'occupais des autres parce que je n'arrivais pas à m'aimer ? Il y avait sans doute un peu de cela mais pas que ça

bref j'ai essoré mes idées à propos de « l'amour de soi « sans en tirer quui que ce soit de concluant ni de convainquant
et j'avais mis ce sujet de coté , je l'avais laissé "décanter"

par contre cette histoire de « présence à soi » oui cela me va très bien
être présent à soi c'est faire cas de soi (estime de soi) , faire attention à soi , en somme c'est s'aimer
je vais donc être de plus en plus présente à moi



---- ne faites aucune supposition (Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. )

du courage pour m'exprimer ? j'en ai , pas de problème

n'empêche qu'à propos de clarté , cet accord là est plus difficile pour moi parce que ma façon de penser  « fonctionne » en association d'idées + des images
quand je lis ou entends un avis une histoire etc , j'ai dans ma tête des idées qui partent tout azimuth
le tout baignant dans des images

et lorsque je mets le doigt sur l'idée finale où m'a conduite mon association d'idées , je repars sur d'autres images etc etc
là dessus se mêlent tout en même temps mes émotions

alors mettre des mots simples et clairs sur tout ce que je vois et ressens , c'est assez difficile pour moi , cela peut même être très difficile
expliquer à quelqu'un quelque chose qui le concerne lui ,mais ne me concerne pas ? là tout baigne j'y arrive aisément
mais m'expliquer à mon propos  ouahh c'est très compliqué pour moi

si en plus dans ma tête , aux idées et images , se rajoutent des sons , alors là  , c'est un exploit si j'arrive à dire ou écrire quelque chose

c'est sans doute pour cela que je suis plus « douée » pour m'exprimer par le biais de la poésie
car la poésie contient mots , images et musique

quant à ne pas faire de supposition sur l'autre , vue que j'ai un imaginaire débordant (qui se traduit par ma créativité) , je vis et dans le réel et dans l'imaginaire

je vis dans « mon » monde ,et j'ai tendance à mettre l'autre , l'interlocuteur , dans mon monde pour le comprendre , ce qui fait que je le mets d'emblée dans ma supposition

or « mon » monde c'est le mien , tout comme mon interlocuteur a le sien
en plus j'ai un coté médiumnique , qui n'est pas des moindres, donc il m'est aisé de me « balader dans la tête de l'autre »

donc  , pour ne pas supposer sur mon interlocuteur ,
---1)  soit je ferme mes portes occultes , je ne vais plus dans mon imaginaire, et je ne reste que dans la réalité ben bof cela ne me convient pas
--- 2) soit je reste telle quelle ce qui risque d'être à nouveau source de conflits
--- 3)  soit je choisis avec attention les sujets que j'ai envie d'aborder avec les gens
en choisissant préférentiellement des sujets où je constate que les interlocuteurs et moi avons des points communs

je prends l'option 3 pour l'instant mais je trouve que c'est réducteur , car échanger avec des avis divergents est aussi fort intéressant
et puis ne discuter que de points communs cela ne fait que faire reluire son ego
bref je vais y réfléchir



---faites toujours de votre mieux

alors là je recopie texto un extrait d'un article lu sur psychologie.com

Votre “mieux” change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger.
« Cet accord découle des trois premiers, constate Olivier Perrot. Lorsque vous en faites trop, vous vous videz de votre énergie et vous finissez par agir contre vous. Mais si vous en faites moins, vous vous exposez à la frustration, à la culpabilité et au regret. » Le but est de trouver le juste équilibre.
Comment s’y prendre ? Ce qui est juste pour soi ne dépend en aucun cas d’une norme. Pour Miguel Ruiz, certains jours, faire ce qu’il y a de mieux pour soi, c’est rester au lit. Dans tous les cas, souligne Thierry Cros, « le pire piège est la course à la perfection ». L’un des moyens d’éviter ce travers est de remplacer nos « Je dois faire ceci » par des « Je peux faire ceci ». Comme l’affirme Olivier Perrot, « cela permet de s’approprier pleinement l’objectif à atteindre, sans se soucier du jugement et des attentes des autres ».



suis su'l'cul

j'ai constaté il y a quelques 20 ans qu'il y avait très souvent un fossé entre ce que l'on veut faire ce que l'on peut faire ce que l'on doit faire

comme si tantôt c'est la volonté qui ne s'enclenchait pas , tantôt c'est comme si on était dans l'impossibilité d'agir , tantôt comme si ce que l'on devait faire était très éloigné de ce que nous étions en tant qu'être

j'avais bossé sur cette notion de culpabilité en 2000 et je m'en suis débarrassée (c'est à dire que je suis sortie de ce jeu malsain dans lequel l'autre , les autres, me disaient que j'étais responsable)
depuis , j'assume ma quote part de responsabilité ok mais je ne suis pas responsable de tout
en gros je me disais que lorsque conflit c'est du 50/50  je veux bien travailler sur ma responsabilité mais si l'autre ne se bouge pas les neurones je ne puis le faire à sa place et ne puis être responsable de son "non-penser"

mais je pense qu'il restait toujours en moi un « petit juge » qui me condamnait d'office


je vais donc me débarrasser de mon "petit juge" qui est mon pire boulet (je suis très auto-critique)

les avis des gens sur ma personne n'ont jamais été vraiment très importants pour moi , même enfant, j'ai souffert  de leurs avis bien sur , mais j'ai toujours poursuivi malgré tout dans ma direction  , là où je voulais aller

disons que je me suis entièrement construite dès l'enfance par opposition , et que cette opposition est la base de mon être

donc il est vrai que cela ne me facilite pas le relationnel ça c'est sur


et ,comme tout le monde je n'ai pas forcément fait , dans ma vie , les meilleurs choix ni les bons choix
alors ,en ce cas , lorsque je réalise que mon choix n'est pas top ou est très loin du top, je rectifie le tir , je dévie ma route, mais je continue de tracer car je ne peux pas stagner  

je commence l'apprentissage de la langue des oiseaux , je suis plus présente à moi , je me suis débarrassée de mon "petit juge"
je trouve qu'en 3 jours,  j'ai avancé à la vitesse grand V

est-ce que cela va m'éviter d'autres conflits ? je n'en sais rien et je m'en fous , mais maintenant en face je suis bien plus solide
en ce sens que finies mes explications à rallonge auxquelles personne ne pige plus rien , je n'enfilerai plus le masque d'un quelconque bouc émissaire
(je ne me ferai plus piéger sur ce plan-là )

et j'ai lu 2 théories de René Girard ; celle du bouc émissaire et la triangulaire du désir qui m'ont aidée à comprendre









je vous mets des liens que j'ai consultés ces derniers jours



à propos de Patrick Burensteinas et la langue des oiseaux




à propos des 4 accords Toltèques :

https://www.mixcloud.com/RadioOndeDeChoc/decouverte-du-livre-les-quatre-accords-tolteques/





à propos de la Théorie du bouc-émissaire de René Girard

INTRODUCTION Tout le monde sait grosso modo ce qu’est un « bouc émissaire » : c’est une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. Le bouc émissaire (synonyme approximatif : souffre-douleur) est un individu innocent sur lequel va s’acharner un groupe social pour s’exonérer de sa propre faute ou masquer son échec. Souvent faible ou dans l’incapacité de se rebeller, la victime endosse sans protester la responsabilité collective qu’on lui impute, acceptant comme on dit de « porter le chapeau ». Il y dans l’Histoire des boucs émissaires célèbres. Dreyfus par exemple a joué ce rôle dans l’Affaire à laquelle il a été mêlé de force : on a fait rejaillir sur sa seule personne toute la haine qu’on éprouvait pour le peuple juif : c’était le « coupable idéal »… Ainsi le bouc émissaire est une « victime expiatoire », une personne qui paye pour toutes les autres : l’injustice étant à la base de cette élection/désignation, on ne souhaite à personne d’être pris pour le bouc émissaire d’un groupe social, quel qu’il soit (peuple, ethnie, entreprise, école, équipe, famille, secte). Cette expression, employée le plus souvent au sens figuré, trouve sa source dans un rite de la religion hébraïque : dans la Bible (Lévitique) on peut lire que le prêtre d’Israël posait ses deux mains sur la tête d’un bouc. De cette manière, on pensait que tous les péchés commis par les juifs étaient transmis à l’animal. Celui-ci était ensuite chassé dans le désert d’Azazel (= traduit fautivement par « émissaire ») pour tenir les péchés à distance. Ce bouc n’avait rien fait de mal, il était choisi au hasard pour porter le blâme de tous afin que ces derniers soient dégagés de toute accusation. On voit par là que le sens figuré est relativement proche du sens religieux d’origine, axés tous deux sur l’idée d’expiation par l’ostracisation d’un individu jouant en quelque sorte le rôle de « fusible » (bête ou homme). Avec René Girard (né en 1923), le bouc émissaire, cesse d’être une simple expression pour devenir un concept à part entière. La théorie du Bouc Emissaire est un système interprétatif global, une théorie unitaire visant à expliquer le fonctionnement et le développement des sociétés humaines. La réflexion de René Girard s’origine dans un étonnement, qui prend la forme de deux questions successives. 1. D’où naît la violence dans les sociétés humaines, quel en est le ressort fondamental ? 2. D’où vient que cette violence ne les dévaste pas ? Comment parviennent-elles à se développer malgré elle ? Autrement dit : quel mécanisme mystérieux permet aux sociétés humaines archaïques, enclines à l’autodestruction, de se développer quand même (la logique voudrait en effet qu’elles aient disparu depuis longtemps). A cette question, René Girard apporte une réponse univoque, martelée depuis des décennies dans plusieurs de ses livres, notamment La Violence et le Sacré, et Des Choses cachées depuis la fondation du Monde : le mécanisme du bouc émissaire…. Le désir mimétique 2 La théorie du bouc émissaire est adossée à une autre théorie qui lui sert de support : à l’origine de toute violence, explique René Girard, il y a le « désir mimétique », c’est-à-dire le désir d’imiter ce que l’Autre désire, de posséder ce que possède autrui, non que cette chose soit précieuse en soi, ou intéressante, mais le fait même qu’elle soit possédée par un autre la rend désirable, irrésistible, au point de déclencher des pulsions violentes pour son appropriation. La théorie mimétique du désir postule en effet que tout désir est une imitation (mimésis) du désir de l’autre. Girard prend ici le contre-pied de la croyance romantique selon laquelle le désir serait singulier, unique, imitable. Le sujet désirant a l’illusion que son désir est motivé par l’objet de son désir (une belle femme, un objet rare) mais en réalité son désir est suscité, fondamentalement, par un modèle (présent ou absent) qu’il jalouse, envie. Contrairement à une idée reçue, nous ne savons pas ce que nous désirons, nous ne savons pas sur quoi, sur quel objet (quelle femme, quelle nourriture, quel territoire) porter notre désir – ce n’est qu’après coup, rétrospectivement, que nous donnons un sens à notre choix en le faisant passer pour un choix voulu (« je t’ai choisi(e) entre mille ») alors qu’il n’en est rien – mais dès l’instant qu’un Autre a fixé son attention sur un objet, aussi quelconque soit-il, alors cet objet (que nul ne regardait jusqu’alors) devient un objet de convoitise qui efface tous les autres ! En clair, le désir n’est pas direct, mais indirect (ou médié), entre le sujet et l’objet : il fonctionne de manière triangulaire en ce sens qu’il passe par un modèle (ou médiateur). L’exemple que donne Girard pour illustrer sa théorie est celui des enfants qui se disputent des jouets en quantité suffisante. Cet exemple montre de manière édifiante qu’on ne désire pas une chose pour ce qu’elle est (sa valeur propre) mais pour ce qu’elle représente aux yeux de l’autre (un objet de désir). Les cas de « désir mimétique » sont nombreux dans la littérature. Don Quichotte, par exemple, ne désire pas être un chevalier, il ne fait qu’imiter Amadis de Gaulle, et tous les autres chevaliers qu’il a lus dans les livres. La médiation est ici littéraire. Don Quichotte est une victime d’autant plus spectaculaire du désir mimétique qu’il désire – c’est la source du comique cervantésien – une chose absurde : être chevaleresque dans un monde déféodalisé. Dans l’univers publicitaire qui est le nôtre, le mécanisme mimétique fonctionne aussi à plein. Les consommateurs ne désirent pas une marchandise parce qu’elle est utile, nécessaire ou aimable, mais parce qu’elle est convoitée, ou supposée l’être, par un tiers (star de cinéma, ami ou groupe d’amis). Le consumérisme moderne est un désir « selon l’autre », quand bien même il nous donne l’illusion de faire un choix personnel, voire unique. La mode et la publicité jouent à plein sur le désir mimétique, raison pour laquelle elles connaissent du succès, alors que ce succès ne repose objectivement sur aucune base rationnelle (beauté, robustesse, originalité de l’objet). Du désir mimétique à la violence généralisée 3 Le désir mimétique serait bien innocent s’il ne débouchait sur des conflits en chaîne, et à terme sur la violence généralisée. Que se passe-t-il en effet quand deux individus (ou plus) désirent la même chose ? Ils se battent, voire s’entretuent, pour l’obtenir. Pour René Girard, le désir mimétique, en mettant en concurrence le sujet désirant et son modèle fait naître une rivalité meurtrière. L’objet désiré n’étant généralement pas partageable (pensons au jugement de Salomon : peut-on partager en deux un bébé que deux femmes revendiquent comme le leur ?), le modèle devient nécessairement un obstacle pour le sujet désirant, autrement dit une figure à abattre. C’est ici que la thématique du désir, via le mécanisme de la rivalité, rejoint celle de la violence… Son recours étant, on l’aura compris, le seul moyen de satisfaire le désir mimétique. Prenons un exemple. Shakespeare écrit dans ses Sonnets : « Tu l'aimes, toi, car tu sais que je l'aime. » On voit bien ici que l’amour qu’éprouve le destinataire du poème (« tu ») est motivé avant tout (« car ») par l’amour qu’éprouve Shakespeare et non par l’objet lui-même de cet amour. Tu l’aimes « toi », insiste le poète, de manière mimétique, alors que moi je l’aime de manière authentique. Nous sommes bien dans le cas de figure du jouet sans valeur que se disputent deux enfants, dont l’issue est bien connue : chamaillerie, cris, crêpage de chignon, et… intervention des adultes, pour séparer les belligérants. Mais que se passe-t-il quand, dans la même situation de rivalité, deux adultes se disputent un objet ? Sans l’intervention providentielle d’un tiers situé au-dessus de la mêlée (Dieu ?), les adultes vont jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’élimination du rival, obstacle insupportable à la réalisation de leur désir. Les faits divers et les romans (pensons au Rouge et le Noir de Stendhal : Julien Sorel y désire triangulairement Madame de Rénal) sont remplis de crimes passionnels, motivés à l’origine par un désir mimétique, quoique ces motivations, comme l’explique René Girard, soient toujours dissimulées par le criminel derrière l’idée fallacieuse que son désir est légitime, car premier : Seul l'être qui nous empêche de satisfaire un désir qu'il nous a lui-même suggéré est vraiment objet de haine. Celui qui hait se hait d'abord lui-même en raison de l'admiration secrète que recèle sa haine. Afin de cacher aux autres, et de se cacher à lui-même, cette admiration éperdue, il ne veut plus voir qu'un obstacle dans son médiateur. Le rôle secondaire de ce médiateur passe donc au premier plan et dissimule le rôle primordial de modèle religieusement imité. Dans la querelle qui l'oppose à son rival, le sujet intervertit l'ordre logique et chronologique des désirs afin de dissimuler son imitation. Il affirme que son propre désir est antérieur à celui de son rival ; ce n'est donc jamais lui, à l'entendre, qui est responsable de la rivalité : c'est le médiateur. Pour masquer sa brutalité, le sujet mimétique n’hésite pas à ruser avec son désir, c’est-à-dire à faire passer le modèle pour l’imitateur… 4 Cette violence serait soutenable socialement (maintien de la paix civile), si elle demeurait le propre de quelques individus isolés. Or, ce qui la rend éminemment dangereuse, nous dit Girard, c’est qu’elle est contagieuse. Le désir mimétique se propage à la société tout entière, par effet « boule de neige » : si deux individus désirent la même chose il y en aura bientôt un troisième, un quatrième, et ainsi de suite. Rapidement – à la vitesse d’une traînée de poudre – , le conflit mimétique se transforme en antagonisme généralisé. Un fait divers récent illustre exemplairement cette propagation du désir mimétique, avec son corollaire agonistique de la « guerre de tous contre tous » (Hobbes). « Gaz lacrymogènes, bagarres, échauffourées violentes, arrestations musclées, lit-on dans Le Monde.fr du 25 décembre 2012, telle était l’ambiance apocalyptique dans laquelle plusieurs magasins américains ont ouvert pour la sortie des dernières paires de baskets Nike créées pour l’ancien basketteur Mickael Jordan : […] des milliers de personnes se sont ainsi rassemblées très tôt ce vendredi, parfois dès deux heures du matin, pour figurer parmi les chanceux se procurant les 150 paires seulement disponibles ; […], la même scène s’est déroulée un peu partout aux États-Unis, conduisant notamment à plusieurs arrestations à Atlanta, des personnes légèrement blessées, à la suite de piétinements à l’entrée du magasin ou encore une mère abandonnant ses deux enfants de 2 et 5 ans dans la voiture en pleine nuit. Dans la banlieue de Seattle, Avant l’ouverture, la foule avait déjà enfoncé deux portes. Des bagarres ont commencé à éclater, des bousculades, certaines personnes essayaient de couper la file d’attente. Les officiers ont utilisé du gaz incapacitant pour interrompre certaines bagarres. » Aucune de ces personnes n’avait besoin, à strictement parler, de ces chaussures, pourtant toutes se sont battues, presque au risque de leur vie, pour se les approprier. Telle est l’implacable loi du désir mimétique lorsqu’elle s’applique à grande échelle : son escalade conduit à la destruction sociale généralisée. Pire, la violence engendre la violence, dans une chaîne infinie, sous l’empire du mécanisme de la vengeance. « Chaque fois qu’elle surgit en un point quelconque d’une communauté elle tend à s’étendre et à gagner l’ensemble du corps social. » (La Violence et le Sacré). De crimes en représailles (regardons comment les bandes de la Mafia s’autodétruisent), la vengeance menace la société d’éclatement. La loi du Talion, (« œil pour œil, dent pour dent »), qui répond à la violence par une violence égale, et non supérieure, limite certes son risque d’extension et d’escalade, mais ne l’arrête pas. La spirale de la violence est en principe, dans les sociétés primitive où n’existe pas la Justice, incoercible. Le cycle de la violence réciproque est littéralement infernal : elle l’était dans la Grèce antique (voir les Atrides) elle l’est encore dans certains pays où dominent la loi du Talion ou l’usage de la Vengeance (au Mexique dans les Cartels de la drogue, dans la Mafia corse, ou sicilienne). Le bouc émissaire, rempart contre la violence 5 Et pourtant, force est de constater que la société a survécu à cette loi effroyable, que les peuples de la terre ont surmonté tant bien que mal le phénomène. Pourquoi ? se demande Girard. Comment se fait-il que le désir mimétique, dont la puissance de nuisance est universellement prouvée (voir Mensonge romantique et Vérité romanesque) ne nous ait pas dévasté totalement ? Comment les sociétés sont-elles parvenues à trouver un antidote à ce poison ? C’est ici qu’intervient la deuxième intuition de Girard, consistant à relier l’apparition du sacré avec le problème de la violence (d’où le titre de son livre majeur : La Violence et le Sacré). L’anthropologue observe en effet, à partir d’une lecture attentive des mythes ancestraux (de toutes origines), que ces mythes nous racontent la même histoire, à savoir la conjuration, ou plutôt la neutralisation de la violence (cette épée de Damoclès qui plane sur l’Humanité) par le sacrifice d’une victime, appelée « bouc émissaire ». Là encore, pour résoudre l’énigme, Girard renverse une idée unanimement reçue dans la communauté scientifique et a fortiori dans le grand public, le préjugé selon lequel le sacrifice « religieux » (égorger un animal ou un être humain) serait destiné à calmer la colère des Dieux (chez les Grecs), ou à tester la foi des croyants (on pense au sacrifice d’Isaac par Abraham interrompu in extremis par un ange descendu du Ciel). Aux yeux du philosophe, le sacrifice n’est pas une affaire religieuse mais une affaire humaine. Si les hommes vont jusqu’à tuer l’un de leurs semblables, ce n’est pas pour faire plaisir aux dieux, mais pour mettre fin à l’hémorragie de violence qui frappe le groupe, et partant le menace d’extinction. En proie à une violence meurtrière, la société primitive se choisit spontanément, instinctuellement, une victime, qui jouera le rôle à la fois de pansement et de paratonnerre. De pansement, parce qu’elle va recueillir en sa seule personne toute l’agressivité diffuse et soigner le mal ; de paratonnerre parce qu’elle sera remobilisée, sous forme symbolique, chaque fois que la communauté replongera dans la violence. Ainsi se met en place, selon Girard, le rite du bouc émissaire, dont la vertu première est de transformer le « tous contre tous » en « tous contre un ». Le bouc émissaire humain n’est pas tiré au hasard ; c’est un personnage que ses qualités victimaires prédisposent à occuper la fonction de bouc émissaire. Afin d’expulser cette violence intestine, le bouc émissaire doit en effet correspondre à certains critères. Premièrement, il faut que la victime soit à la fois assez distante du groupe pour pouvoir être sacrifiée sans que chacun se sente visé par cette brutalité et en même temps assez proche pour qu’un lien cathartique puisse s’établir (on ne peut expulser que le mal qui est en nous...). Aussi, le véritable bouc émissaire de la tradition hébraïque est à la fois différent par sa qualité d’animal et semblable par son caractère domestiqué. Deuxièmement, il faut que le groupe ignore que la victime est innocente sous peine de neutraliser les effets du processus. Troisièmement, le bouc émissaire présente souvent des qualités extrêmes : richesse ou pauvreté, beauté ou laideur, vice ou vertu, force ou faiblesse. Enfin, la victime doit être en partie consentante afin de transformer le délire de persécution en vérité 6 consensuelle. Dans les mythes, c’est souvent un prisonnier de guerre, un esclave, un enfant informe, un mendiant… Le sacrifice du bouc émissaire permet donc à la fois de libérer l’agressivité collective (exutoire) et de ressouder la communauté autour de la paix retrouvée (pacte) Dans l’optique girardienne, le rite sacrificiel est donc une violence ponctuelle et légale dont la fonction est d’opérer une catharsis des pulsions mauvaises sur une victime indifférente à la communauté parce que marginale. Ainsi, se produit, aux dépens d’un être innocent, une sorte de solidarité dans le crime, qu’on retrouve dans les scènes de lynchage dans l’Histoire (pogrome, lapidations, etc.) ou dans la fiction (La Nuit du Chasseur1 , M. le Maudit2 ). Le bouc émissaire permet par ailleurs d’expliquer l’émergence du Sacré, car, par un retournement paradoxal, la victime se voit divinisée pour avoir ramené la paix. La victime gît devant le groupe, apparaissant tout à la fois comme la responsable de la crise et l'auteur de ce miracle de la sérénité retrouvée. Elle devient sacrée, c'est-à-dire porteuse du pouvoir prodigieux de déchaîner la crise comme de ramener la paix. En reliant le mécanisme du bouc émissaire à celui du rite sacrificiel, René Girard rend compte ni plus ni moins que de la genèse du religieux archaïque. Le problème de ce mécanisme régulateur de la violence est cependant son caractère temporaire. En effet, la violence endémique générée par le désir se fait, tôt ou tard, ressentir. Pour contenir la violence, et l’empêcher de ressurgir, il faut trouver un nouveau bouc émissaire. Solution au coût (humain) exorbitant, à laquelle les premières sociétés ont remédié en substituant progressivement des simulacres au victimes humaines : ainsi seraient nés les rites des religions primitives vivantes : le sacrifice d'un animal permet d'apaiser symboliquement les pulsions agressives, par ce subterfuge (l'animal est substitué à la « cible » humain), les membres de la communauté sont préservés, la paix est maintenue à ce prix... A chaque crise mimétique, la société répond par des sacrifices symboliques, fortement ritualisés, censés rétablir magiquement l’ordre. C’est ce qui fait dire à René Girard, dans une formule fulgurante : « Le sacré, c'est la violence. » Le sacré est en effet indissociable de la violence, en ce sens qu’il naît de lui, tout du moins de la volonté des hommes de l’éradiquer. Relecture du mythe d’Œdipe Cette approche révolutionnaire du rite religieux – révolutionnaire parce qu’elle fait découler le sacré du profane – ouvre sur une réinterprétation du 1 La Nuit du chasseur (titre original : The Night of the Hunter) est un film américain réalisé par Charles Laughton en 1955. Le pasteur Harry Powell, le méchant persécuteur d’enfants, est lynché par les « bons » américains. 2 M le maudit (M – Eine Stadt sucht einen Mörder) est un film allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1931. Un meurtrier d'enfant jette les habitants d'une grande ville allemande dans la terreur et l'hystérie si bien que la police et même la pègre, tous alliés contre lui, se mettent toutes les deux à sa poursuite. 7 fameux mythe d’Œdipe3 . Là encore, le philosophe prend le contre-pied de tout le monde. Rappelons en deux mots l’histoire : un oracle prédit au roi de Thèbes, Laïos, que s'il a un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère, Jocaste. Quand Œdipe naît, Laïos l'abandonne. Mais des bergers le recueillent et le portent au roi de Corinthe, Polybe, qui l'élève. Adulte, Œdipe consulte l'oracle de Delphes qui lui conseille de ne pas retourner dans son pays s'il ne veut pas tuer son père et épouser sa mère. Il se dirige donc vers la Béotie, mais à un carrefour, il tue un vieillard, qui se révèle être son père. Plus tard, pour avoir débarrassé la ville de Thèbes du Sphinx (en résolvant l’énigme), on le fait roi, de sorte qu’il épouse sa mère, Jocaste, à son insu. Une peste s’abat sur la ville. La Pythie annonce que la maladie persistera tant que le meurtrier de Laïos ne se sera pas dénoncé. Œdipe mène l’enquête lui-même et découvre, horrifié, qu’il est le coupable. Pour se punir de son aveuglement, Œdipe se crève les yeux ; on le chasse de Thèbes. Généralement, les exégètes adoptent spontanément le point de vue du narrateur (Sophocle), en rendant Œdipe responsable de la calamité qui s’abat sur la ville. C’est, nous explique-t-on, parce qu’il a tué son père et couché avec sa mère que la peste décime les thébains, aussi n’est-ce que justice que le coupable, une fois découvert, soit banni de la communauté. Faux, écrit Girard, car Œdipe n’est en réalité qu’un bouc émissaire, un homme auquel on fait endosser, sans raison valable, la responsabilité de l’épidémie qui frappe la cité. La peste n’a aucun lien de cause à effet avec les « crimes » de son roi, crimes qui, du reste, d’après Girard, ne sont que des bruits son fondement : en somme, Œdipe est victime d’une mystification : des rumeurs courent sur son compte (le parricide, l’inceste) mais ce ne sont que des affabulations, des prétextes pour exposer le roi à la vindicte populaire. Ce que raconte le mythe d’Œdipe n’est donc pas la punition d’un coupable, mais au contraire la persécution d’un innocent, l’histoire scandaleuse d’un lynchage collectif. Bref, au lieu d’en faire un Monstre qui se repend, Girard en fait un Martyr à qui l’on ment. Comme tous les boucs émissaires, Œdipe se soumet en effet au verdict de la foule. René Girard en déduit, au plan général, que l’adhésion de l’accusé au processus qui l’élimine (ex : pression policière pour obtenir des aveux) n’est en aucun cas le signe, et encore moins la preuve de sa culpabilité. Au lieu de se révolter contre cette accusation sans fondement, Œdipe l’accepte docilement ; ce faisant, il renforce le mécanisme du bouc émissaire, qui a certes l’avantage de stopper le cycle de la violence, mais l’inconvénient d’alimenter l’injustice par le sacrifice d’un innocent. Si l’on regarde les choses d’un point de vue pragmatique, ce système est d’une grande efficacité ; au point de vue moral, en revanche, il est scandaleux. Le mécanisme du bouc émissaire est en effet basé sur un mensonge collectif (ou déni de réalité), qui est reconduit d’autant plus aisément qu’il arrange la communauté. Tout le monde a intérêt à entretenir le mythe de la résolution surnaturelle et irrationnelle de la violence par la 3 Œdipe roi (en grec ancien Οἰδίπoυς τύραννoς / Oidípous Týrannos, en latin Œdipus Rex) est une tragédie grecque de Sophocle, entre 430 et 415 avant J.-C. 8 désignation arbitraire d’une victime émissaire. On ne voit pas, dans ces conditions, pour quelles raisons ce phénomène ne durerait pas éternellement… Heureusement, il se trouve quelqu’un pour dénoncer ce mensonge, et ce quelqu’un, d’après Girard, c’est Jésus Christ ! L’Evangile : la vérité sur le bouc émissaire René Girard considère le Nouveau Testament comme un événement capital de l’histoire de l’Humanité, non pas parce qu’il marque la naissance d’une nouvelle religion (le Christianisme) mais parce qu’il met fin au scandale de la culpabilité du bouc émissaire. Jusqu’alors toutes les victimes émissaires acceptaient de se sacrifier au nom de leurs fautes ou de leurs défauts (tares). Mais voici que le Christ met un coup d’arrêt à cette logique, en jetant une lumière crue sur le mécanisme mystificateur du bouc émissaire. Non que le Sauveur refuse d’assumer son rôle de bouc émissaire, au contraire, il se laisse torturer sans protester et crucifier comme s’il était coupable, mais à la différence des autres victimes émissaires, il clame haut et fort son innocence. Jésus se présente ouvertement comme l’agneau de Dieu qu’on sacrifie sur l’autel de la violence collective (il prend sur lui « tous les péchés du monde »), sauf que sa démarche a un tout autre sens que celle des boucs émissaires classiques qui subissaient leur sort, dans la mesure où elle est annoncée comme l’ultime sacrifice, après lequel devrait régner l’ordre et la paix. En dévoilant le mécanisme caché (depuis la fondation du monde) du bouc émissaire, à savoir que la victime est sacrifiée non par ce qu’elle est coupable (alibi grossier), mais parce qu’il faut un coupable, l’Evangile rend impossible son recours ultérieur. Désormais, la société devra trouver d’autres remèdes pour exorciser la violence (en l’occurrence elle s’appuiera sur le message évangélique de la nonviolence). Si le Nouveau Testament marque un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité, c’est que la gestion de la violence, à partir de cette date, prend un aspect tout différent. L’une des conséquences inattendues de cette révélation du « pot aux roses » du bouc émissaire, c’est que le monde, privé de sa solution préférée, devient, selon Girard, de plus en plus violent, et cela bien que les formes de civilisations ne cessent d'évoluer pour contenir, dans les deux sens du terme, cette violence. René Girard se montre en effet très pessimiste sur l’évolution de l’Humanité, à partir du moment où elle se prive de la possibilité d’user de la carte victimaire. L’efficacité du bouc émissaire reposait en effet sur la méconnaissance/ignorance du phénomène de la part de ses usagers : les peuples ancestraux croyaient sincèrement qu’il suffisait de sacrifier une victime, ou d’accomplir un rite symbolique équivalent, pour régler les conflits. A partir du moment où les peuples ont perdu cette foi, ils doivent inventer des solutions alternatives, soit recourir à l’Evangile et sa morale naïve de la non violence (l’amour du Prochain), soit se tourner vers la Justice et son droit compliqué (proportionnalité des peines au crime commis). Or, nous dit René Girard, il n’est pas sûr que les communautés puissent se passer de la fonction 9 régulatrice du bouc émissaire : force est d’observer que les sociétés modernes, dans les périodes de forte crise mimétique, y ont recours, tout se passant comme si elles avaient oublié qu’elle était un procédé barbare et irrationnel. Dans l’entre deux guerres par exemple, l’Allemagne, frappée par une crise économique grave, est animées de tensions sociales extrêmes et de débordements de violence qui mènent le pays au bord de la guerre civile. Or cette violence intestine va se trouver spontanément redirigée vers des boucs émissaires tels que les homosexuels, les communistes, les Tsiganes et vers les Juifs. La propagande – ce travail de sape de la connaissance, cet apprentissage de l’ignorance – se chargera pour sa part de conforter la population allemande dans l’idée que les Juifs ne peuvent pas, par définition, être innocents, ouvrant grand la porte à la tragédie de la Shoah. En dehors de ces cas exceptionnels, le fait que nos sociétés ne soient plus protégées par le mécanisme victimaire constitue paradoxalement un danger majeur, car, sauf à convertir la population entière à l’amour chrétien (idée illusoire), il n’existe désormais plus aucun frein à la violence. Dans son dernier ouvrage, Achever Clausewitz (2007), Henri Girard va jusqu’à nous promettre l’apocalypse. On aimerait que l’avenir lui donne tort, mais l’explosion de violence à laquelle on assiste sur toute la planète semble hélas aller dans sons sens.


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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 15:52

Bonjour, à mon sens, sur ce sujet, je n'arrive jamais au conflit, puisque je vérifie toujours si moi et quelqu'un on est sur la même longueur d'onde. Smile

Donc au pire on s'ignore, et ça m'indiffère Smile il existe tant de gens sur terre et j'en ai rencontré toute ma vie durant avec lesquels on peut s'enrichir mutuellement sans avoir de conflit en étant sur une même base, une même longueur d'onde, que passer par le conflit pour s'enrichir ? me semblerait complexe comme entrée en matière.

en cas de mésentente de base pour x raisons, autant que chacun prenne le chemin qui lui va bien et tout le monde est content Smile

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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 16:41

le conflit permet de se confronter aux autres mais pas toujorus de manière positive, on apprend parfois dans la douleur de la non ou mauvaise communication



Dernière édition par zebulonlezebre le Jeu 21 Jan 2016 - 20:12, édité 1 fois

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Message par ou-est-la-question Mer 20 Jan 2016 - 17:53

Bonjour Six , Bonjour Zézé

Six : s'ignorer l'un l'autre m'indiffère aussi

tu as raison mon titre déconne : j'aurais du intituler "comment tirer profit d'un conflit ?"

quant à capter les longueurs d'ondes qu'il y a en commun , dans certains cas j'ai l'impression qu'il y a des trucs en commun , mais malgré ce ça part en couilles

sinon je n'entame aucun genre de relationnel lorsque je ne capte rien en commun

je ne suis pas conflictuelle de nature mais je ne sais pas encore bien quand "lâcher le morceau"
j'ai horreur du terme "lâcher prise" qui m'évoque en ce cas que je suis prise (prisonnière) et lâche
pour moi lâcher prise c'est fuir
or fuir c'est lâche pour moi
mais je pense que je puis m'accorder un peu de lâcheté il serait temps non ? :-))

Zézé
je ne sais que très rarement me transformer en tigresse
il faut que l'on m'ait fait du mal très longtemps , voire des années, avant que je ne devienne tigresse

si je suis en vie c'est un choix , j'aime la vie , plutôt j'ai la"rage de vivre" , mais je me suis construite en opposition comme je le disais , et cette capacité à encaisser m'a été nécessaire
pour justement pouvoir "être" , sinon je ne serais pas là , j'aurais surement baissé les bras
si je n'avais pas eu cette capacité à encaisser

donc j'ai du mal d'une façon générale à baisser les bras ou à fuir , (pour moi c'est pareil)

merci d'avoir mis la référence du désir triangulaire de René Girard

tu te nommes "faiseur de changement " , je m'intitulais "fouteuse de merde" juste avant que je ne vire "mon petit juge"
je t'emprunte ton pseudo c'est plus poétique

quoique que "faiseuse de changement" ne soit pas jojo jojo en lecture
je vais plutôt me scotcher sur le dos " grêveuse de rêves" (suis en grève pour fabriquer des rêves pour les autres)
ou bien " changeuse de faisure " je change par impacts les façons de faire

si c'est moi qui me scotche des étiquettes ça colle , mais si c'est un tiers ça se décolle de suite

je dois faire une allergie à certains épidermes et à certains hémisphères , je ne vois que cela.

à propos d'Alchimie , même si je ne comprends que le 1000è de ce que je lis j'adore ça
depuis des lustres
mais depuis que j'ai découvert GALLICA sur la BNF de très nombreux livres anciens sont en télé gratuits
alors de temps en temps j'en ouvre un je survole et me sens bien
en plus il y a de magnifiques gravures

connais-tu le KYBALION ? (= très belle explication claire de la Table d'Emeraude)

http://www.hermetics.org/pdf/kybalionFr.pdf

je vous remercie pour votre partage , cela m'a fait du bien



















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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 18:05

où-est-la-question a écrit:Bonjour Six , Bonjour Zézé

Six : s'ignorer l'un l'autre  m'indiffère aussi

je voulais dire dans l'ignorance vient l'indifférence, en tout cas je fonctionne comme cela. s'ignorer ne m'indiffère pas, c'est un fait que je prends en compte quand il le faut et que c'est bien mieux comme ça Smile


tu as raison mon titre déconne : j'aurais du intituler "comment tirer profit d'un conflit ?"

si tu as déduit de mon propos Smile que tu trouves que ton titre déconne Smile 


quant à capter les longueurs d'ondes qu'il y a en commun , dans certains cas j'ai l'impression qu'il y a des trucs en commun , mais malgré ce ça part en couilles



Je vais rebondir juste en feedback sur ceci, en ajoutant. tu as donc l'impression des trucs en commun, qui sait tu as raison, mais pas l'impression des "trucs qui partent en couilles" Smile parfois les trucs qui partent en couilles ne feront pas équilibre juste avec ceux en communs,

ce qui peut donc arriver à : conflit.... Smile dans ce cas, je "lâche" moi le "morceau" à cet endroit là, pour revenir ou reprendre (ou pas) à "trucs en commun" si il y a, et je barre à "trucs qui partent en couilles" Smile (je les laisse partir en "couille" ou en Afrique du Sud, enfin là où ils souhaitent aller ces trucs Smile qui ne sont pas les miens Smile)

quelque chose du genre : "merci de laisser cette conversation dans l'état où vous l'avez trouvé en arrivant ? ou de la faire avancer vers "trucs en communs" mais de ne pas ajouter "trucs en couille" ? 




















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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 18:37

"tu te nommes "faiseur de changement " , je m'intitulais "fouteuse de merde" juste avant que je ne vire "mon petit juge"
je t'emprunte ton pseudo c'est plus poétique "


mmm créatrice de possibles non encore répertoriés ?

;-)



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Message par ou-est-la-question Mer 20 Jan 2016 - 19:04

je me suis "farcie avec délectation" d'autres vidéos de Patrick Burensteinas
dont celle ci-dessous qui traite exactement de ta dernière illustration

je vais aller voir tes liens (demain plutôt que ce soir)
et t'en reparlerai


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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 19:12

Le confit : source de richesse calorique, mais que c'est bon. Dent pétée

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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 19:31

Suce ces p'tits Bleus ! a écrit:Le confit : source de richesse calorique, mais que c'est bon. Dent pétée


Spoiler:

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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 19:33

Bon alors le bouc "hémisphère ?"  2nd degré lol!

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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 19:49

six s'if a écrit:Bon alors le bouc "hémisphère ?"  2nd degré lol!

C'est à se rendre chèvre ! Dent pétée

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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 20:12

Suce ces p'tits Bleus ! a écrit:
six s'if a écrit:Bon alors le bouc "hémisphère ?"  2nd degré lol!

C'est à se rendre chèvre ! Dent pétée


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Message par Invité Mer 20 Jan 2016 - 21:54

Le bout qu'Amy s'ferre ?

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Message par ou-est-la-question Ven 22 Jan 2016 - 10:44



le bout qu'aime Miss Fair

je me suis relue qu'est-ce que je peux écrire comme conneries quand même !

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